Formation sur le harcèlement pour les élu.e.s de la Région Ile-de-France : un premier pas qui reste insuffisant

 

 

Suite à plusieurs accusations de violences sexuelles contre des conseillers régionaux de la Région Ile-de-France [1] , Valérie Pécresse a annoncé la mise en place « d’une formation obligatoire » pour tous et toutes les élu.e.s du conseil régional.

Cette mesure est à saluer puisque sur le volontariat seulement 6 élu.e.s sur 209 avaient accepté de participer à cette formation. Seule une telle décision, la rendre obligatoire, peut faire en sorte que les élu.e.s y participent tant la résistance et/ou le désintérêt pour tout ce qui touche à l’égalité femmes-hommes sont grands, même dans une instance politique paritaire !

Mais il ne s’agit que d’un module de deux heures, et il serait plus juste de parler d’une « sensibilisation » au harcèlement que d’une « formation ». Comment penser qu’en deux heures, les élu.e.s auront acquis toutes les connaissances et tous les outils nécessaires pour faire cesser les violences contre les femmes au sein du Conseil régional alors que plusieurs conseillers régionaux sont accusés de harcèlement sexuel, mais aussi d’agressions sexuelles et de viols ?

Les violences contre les femmes sont massives. Pour qu’elles diminuent, nous avons besoin que les élu.e.s et les collectivités territoriales se saisissent de ce sujet comme d’une priorité.

ECVF encourage les collectivités territoriales à mettre en place des politiques publiques ambitieuses de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, avant d’y être contraintes par la commission de violences en leur sein. Ces politiques publiques doivent inclure un volet interne, dont des formations obligatoires pour l’ensemble des élu.e.s et agent.e.s.

En ce sens, la Présidente de la Région Ile-de-France a pris une bonne décision, mais elle reste insuffisante. Ces formations doivent avoir suffisamment d’envergure pour permettre à chacun.e de s’emparer des outils nécessaires pour réagir efficacement en cas de violences, et cela demande plus que deux heures.

Enfin, les formations ne suffiront pas pour les élus qui commettent des violences sexistes et sexuelles. Nous le redisons : de par le mandat qui leur est confié, ils ont un devoir d’exemplarité. ECVF demande à ce que les élus coupables de violences contre les femmes soient sanctionnés par la Justice et condamnés à des peines complémentaires obligatoires d’inéligibilité, comme le prévoit la loi [2].

[1] Gilbert Cuzou, par exemple, est visé par cinq plaintes pour harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol. Il a été mis en examen vendredi 26 janvier 2018.

[2] Loi n° 2017-1339 du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2017/9/15/JUSC1715753L/jo/texte